Brokeback Mountain, de Annie Proulx

Brokeback MountainTitre : Brokeback Mountain
Auteur : Annie Proulx
Année de l’édition : 2005
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 94
Prix : 9€

Résumé : (Quatrième de couverture)
Brokeback Mountain : un bout de terre sauvage, hors du temps, dans les plaines du Wyoming. Ennis del Mar et Jack Twist, cow-boys, nomades du désert américain, saisonniers des ranchs, n’ont pas vingt ans. Ils se croisent le temps d’un été. La rencontre est fulgurante. Ni le temps, ni l’espace, ni les non-dits, ni la société n’auront raison de cet amour – que seule brisera la mort. Le récit déchirant d’une passion, au cœur des grands espaces américains, ces somptueuses solitudes dont Annie Proulx est sans conteste l’écrivain le plus inspiré dans la littérature américaine contemporaine. Pour Ang Lee, réalisateur du film adapté du livre, Le secret de Brokeback Mountain qui a obtenu le Lion d’or 2005 à la Mostra de Venise, c’est  » une grande histoire d’amour, une complicité totale et honnête entre deux êtres « .

Avis :
J’ai lu cette nouvelle lors de ma nuit du Read-A-thon et surtout je l’ai lu avec en tête le film de Ang Lee que j’avais vu plusieurs fois. On m’avait déjà prévenu que la nouvelle était légèrement différente au niveau de la représentation de la relation des personnages, que cela était moins romancé et fleur-bleue. Après lecture je dois dire qu’effectivement cette différence existe. Mais parlons d’abord de l’œuvre littéraire et parlons des différences avec l’œuvre cinématographique ensuite.
Pour ceux qui ne connaitraient pas encore l’histoire, nous avons affaire à deux cowboys qui se retrouvent à devoir travailler en haut de la montagne Brokeback Mountain pour garder des moutons. Et au fur et à mesure dans cette montagne désertée par les hommes des sentiments vont naître. Enfin… Des sentiments non dit, il s’agit d’abord d’un amour purement bestial, une envie de satisfaire une pulsation sexuelle et charnelle.
C’est ce qu’ils se disaient mais la magie de ces instants passés à Brokeback Mountain ne les quittera jamais tout au long de leur vie. Et c’est là que ce situe tout le drame de cette nouvelle écrite par Annie Proulx : deux hommes hantés par leur souvenirs d’un été passé à Brokeback et qui doivent retrouver une vie et fonder une famille chacun de leur côté. Un amour inavoué, inassouvi car ils vivent dans un monde où l’homophobie et la violence règnent. Ils ne s’avouent pas la violence de leurs sentiments mais le lecteur comprend et ressent ces sentiments et cet attachement qu’ils ne s’avouent pas vraiment.

L’écriture d’Annie Proulx est brutale et crue. Je m’attendais à des scènes sexuelles décrites plus crument vue ce qu’on m’avait dit mais en fait c’est entre violence et romance. C’est sûr que comparé au film on ne nous épargnera pas certains détails. D’ailleurs, en parlant du film nos deux cowboys sont beaucoup moins sexy/mignons dans le livre, ils ont des défauts physiques et au final ça se rapproche plus d’une certaine réalité. Pour continuer les comparaisons j’ai été agréablement surprise de constater que le réalisateur a été plutôt fidèle à l’histoire originale. J’avais l’impression de revoir certaines scènes du film en parcourant les pages. Au final le film de Ang Lee n’est pas si éloigné, il est juste moins violent.
Même si les deux hommes ne se déclarent jamais leur amour, les actes parlent pour eux et ça Ang Lee l’avait comprit en adaptant la nouvelle sur grand écran.

La seule chose qui m’a manqué ce sont des descriptions plus poussées mais les codes de la nouvelle ne le permettaient pas. Heureusement que j’avais vu le film pour pouvoir m’imaginer clairement les paysages magnifiques. En cela je trouve que le film surpasse l’œuvre originale. Même si la nouvelle est très réussie, il y a pas à dire j’ai ma préférence pour le film. Ce qui est une chose rare chez moi.

Enfin bref, une histoire qui a réussi à me tirer des larmes sur le papier comme sur l’écran. Une histoire touchante, un drame que l’on voit arriver petit à petit. Cette histoire se lit rapidement et les personnages restent encore à l’esprit quelques heures après avoir tourné les dernières pages.

Extrait :
Voici un extrait pour vous faire une idée :

Ce que Jack gardait en mémoire et désirait désespérément, inexplicablement, retrouver, c’était ce moment, ce lointain été sur Brokeback Mountain où Ennis s’était approché par-derrière et l’avait attiré contre lui, l’étreinte muette qui avait apaisé un désir chaste et partagé.

Et bien sûr ce livre faisait partie de ma PAL, et il sera donc aussi mon livre du mois de janvier de l’Objectif PAL (même si je l’ai lu en octobre… je suis longue à écrire mes avis xD):
Objectif PAL Objectif Pal :

7/118